Des hauts et surtout débats ...
- 2 févr. 2017
- 4 min de lecture
Débattons !!!
Si je le pouvais, je l'écrirais sur les murs de ma ville, voire a travers la France et le monde entier! ( Avec des gros points d'exclamations !!! )

Hier, j'ai assisté à un débat organisé par le parti politique « Europe Ecologie Les Verts » ( EELV) et les jeunes écologistes. Le thème ? Le revenu de base. Hasard du calendrier, il tombe à l'entre deux tours de la primaire « socialiste » où Benoit Hamon défend ce projet.
Déjà là, on va juste faire une distinction, qui pour moi est fondamentale : il ne faut pas confondre le revenu de base et le salaire a vie. D'un côté on a une mesure qui servirait de béquille au capitalisme a.k.a . le revenu de base (prononcez baaaaase en descendant dans les graves sur le A) de l'autre, on a un vrai projet de société, révolutionnaire qui entend rendre aux individus du pouvoir sur leur vie en leur donnant les moyens de s'épanouir pleinement par la reconnaissance de leur qualification. Et non pas seulement du « pouvoir d'achat ». ( prochainement un dossier complet sur le salaire à vie.)
Du débat à la désillusion ...
Bon autant dire que j'étais plutôt frileux à l'idée d'aller à ce débat... Mais bon je me suis dit, avec un peu de chance, ils ne parleront pas seulement du revenu de base mais aussi du salaire à vie ; peut-être qu'on pourra échanger ensemble et faire avancer notre réflexion sur le monde du travail, sur la valorisation du travail, la pénibilité au travail… Bref, co-construire un véritable projet d'avenir !
Et puis, c'était marqué en gros « débat citoyen » ... avec Jean Desessard sénateur EELV. (déjà là, on peut se demander pourquoi l'ajout du mot citoyen…).
Au final me voilà à courir, après le travail, pour essayer d'arriver à l'heure, manque de bol (ou d'organisation) j'arrive en retard de 5 minutes. Je rentre donc dans une salle mis a disposition par la Mairie et là, premier frisson : des rangées de chaises ; en face, une table et un rétro projecteur.
Pour pouvoir échanger entre nous, ça risque d'être compliqué. Mais bon passons, peut-être que le plan de la salle de ne sera pas fixe. Je me mets à imaginer qu'un « porteur de parole » est peut-être prévu pour la suite, qui sait? (note : je rappelle aux lecteur que l'auteur de ces lignes est jeune et découvre petit à petit la vie politique de notre pays.... soyez clément avec sa naïveté)
Coup de bol (ou problème d'organisation) notre cher sénateur arrive en retard de 30 minutes. Bref, passons sur ce détail … et là, fin du suspense ... et de mes espoirs.
Démarrage du powerpoint.
Questions du public.
Réponses du sénateur et des deux personnes à ses côtés.
Fin du pseudo débat.
Retour à la maison avec une sévère impression d'avoir été trompé.
Dérive de l'entre-soi ...
Bon je suis certes aller un peu vite dans mon compte rendu de la soirée, je reprends.

Après un diaporama de plus d'une heure, il y a eut un temps de questions-réponses où le sénateur écoutait des séries de questions pour ensuite y répondre (comme mode de conversation on a connu mieux).
Les questions portaient sur des points de détails et les situations particulières des personnes présentes. Aucune contradiction et quasiment aucune critique.
Je tiens cependant à saluer ce jeune militant de solidaire, le seul qui ait essayer de mettre sur la table la théorie du salaire a vie… Malheureusement, par un habile usage de la langue de bois, notre cher sénateur est passé à la question suivante.
Pendant ce temps, dans un élan démocratique, telle Marianne brandissant son drapeau… j'ai voulu parlé avec la personne assise à ma gauche. Grossière erreur.
J'ai aussitôt été rappelé a l'ordre par une personne dans le public : « Chut ! On n'entend pas le sénateur. »
En une intervention de cette personne, par son injonction à devoir me taire, tout est dit : Nous sommes dans un débat mais seules les personnes légitimes ont le droit de s'exprimer.
Si tu n'as pas de question pour le sénateur, il vaut mieux aller voir ailleurs ! Un comble dans un débat.
Démocratie en crise
Suite à cette soirée, je m'interroge. Tout d'abord, est-ce que la majorité des débats organisés par des militants, de quelques partis qu'ils soient, sont comme cela ?
Dans un entre soit où aucune place n'est laissée à la contradiction ou à la controverse ? Et si oui, est-ce qu'on ne tiendrait pas là l'une des raisons qui fait que notre démocratie est en crise ?
Pour aller plus loin je vous propose la définition de la démocratie du philosophe Paul Ricoeur :
« Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c'est-à-dire traversée par des contradictions d'intérêt et qui se fixe comme modalité, d'associer à parts égales, chaque citoyen dans l'expression de ces contradictions, l'analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d'arriver à un arbitrage».
Si on se base sur cette définition, on peut affirmer que la société française est divisée et reconnaît cette division, au moins du point de vue politique de par la multiplicité des partis en France. Cependant est-ce que notre société se fixe comme impératif « d'associer à parts égales » chaque citoyen ? Pour prendre un exemple tristement caricatural, il suffit de regarder la composition de l'assemblée nationale, sur 577 élus 155 sont des femmes. En plus de cela, pour garder l'exemple de l'assemblée nationale, sur l'ensemble des députés, combien sont issus des classes populaires ?
Afin que les individus se réapproprient les questions politiques, il y aurait un double mouvement à effectuer. Il faudrait à la fois revoir les institutions de la république afin qu'elles soient plus démocratiques( comme le propose de nombreux partis politiques), et dans le même temps, il faudrait que les militants développent une pensée critique de leurs méthodes afin de pouvoir les faire évoluer.
En tant que jeune militant, je pense qu'il y aurai un double mouvement à effectuer. Il faudrait à la fois revoir les institutions de la république afin qu'elles soient plus démocratiques, et dans le même temps, il faudrait que les militants développent une pensée critique de leurs méthodes afin de les faire évoluer également.
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